samedi 25 avril 2009

Donner sa main, c'est donner sa parole



Aux travers de documents d'enfance je retrace l'histoire de la graphie de mon écriture: le trajet de la passation du stylo de la main gauche à la main droite, d'un outil à un autre via un troisième: ce livre. Changer d'outil est-ce changer de tisserand? Est-ce tramer un autre écrit, une autre histoire? Une histoire de copies, aux éditions Lustre. Les éditions Lustre seront présentes les 25 et 26 avril au marché du livre d'artiste à l'Institut St Luc, 57 rue d'Irlande, 1060 Bruxelles.

lundi 23 mars 2009

Béton & Garamond


Rencontres Edition et artchitecture
Les 26 et 27 mars 2009
Ecole spéciale d'architecture
Boulevard Raspail, 254
75014 Paris

Je ferai une intervention dans le cadre de ces journées, le 26 mars à 10h. Le thème abordé sera "Le livre et ses espaces".

mercredi 4 février 2009

Le Prix Fernand Baudin 2008


Le Prix du plus beau livre bruxellois

Initié par quelques graphistes-enseignants, le Prix du plus beau livre a enfin lieu en Belgique et plus précisément à Bruxelles pour cette première édition 2008, grâce au soutien de Bruxelles-Export.

Le Prix Fernand Baudin est un concours qui vise à encourager la création contemporaine du livre en honorant chaque année les plus beaux livres de la Région de Bruxelles-Capitale. Il s'adresse aux graphistes, éditeurs, imprimeurs et relieurs et tend à rendre accessibles leurs réalisations à un public large par le biais d'une exposition et d'un catalogue circulant à l'étranger.

Seront primés les livres de l'année 2008 qui témoignent d'une grande qualité tant du point de vue de leur conception (éditoriale et graphique), que de leur réalisation (impression et façonnage). Un jury international qualifié jugera selon des critères prédéfinis les questions esthétiques, les innovations et les techniques de réalisation des livres afin de décerner les prix.

Fernand Baudin fut un éminent «typographiste» belge, un grand acteur dans le monde du livre mais également un enseignant et l'auteur de plusieurs ouvrages qui lui ont valu sa renommée internationale. En hommage à cette figure emblématique dont la vision et le travail furent déterminants, nous avons emprunté son nom pour l'associer au Prix du plus beau livre bruxellois.

Cette année, pour sa première édition, le Prix Fernand Baudin sera accueilli par la Galerie Anatome à Paris pour une exposition commune avec le Concours des plus beaux livres français qui sera à son tour accueillie à Bruxelles.

Membres du jury:

CATHERINE DE SMET (FR) présidente
Historienne du graphisme

ARMAND MEVIS (NL)
Graphiste

PHILIPPE MILLOT (FR)
Graphiste

MORITZ KUNG (CH)
Commissaire d'expositions

MICHÈLE DIDIER (B)
Editeur

MARC GOETHALS (B)
Artiste et collectionneur de livres d'art

MURIEL VERHAEGEN (B)
Libraire

MARC VANDEPITTE (B)
Imprimeur

lundi 8 décembre 2008

Catalogue, chez Lustre


Sans doute le dernier né de l'année, le livre-album des éditions Lustre initiées par Olivier Spinewine, auxquelles je collabore de près. En vente chez Tropismes, Bozar Shop et à la librairie St-Hubert. Exposition jusqu'au 27 décembre à la Galerie Artitude, 148 Rue Jourdan à Saint Gilles.

samedi 22 novembre 2008

Black Books invitation


On the 26th of November from 6.30 pm, the BBB project is inviting you to the showing of the first 3 completed BBB Black Books.

These have been printed and bound during a performance in 3 libraries in Sion, Sierre and Brigues (Switzerland) over the month of May, 2008 and finished in Brussels.

At around 8 pm on the 26th a DHL vehicle will come to collect the books to bring them to their final destination: bookshelves in the 3 Swiss libraries.

Join us at 19 rue E. Bouilliot 1050 Bruxelles and become one of the first BBB Black Book readers, sign your name in the visitor's Book or just have a drink with us!


Operators O*, M** and A***

*livier, **iles, ***lexia

www.blackbookblack.net

-------------------------------------------------------

Le 26 novembre, le Black Book Black vous invite à la présentation des trois premiers livres noirs.

Ces livres ont été en partie imprimés et reliés au cours d’une performance qui s’est déroulée dans trois bibliothèques du Valais en Suisse : Sion, Sierre et Brigues. Ils ont été finalisés à Bruxelles.

Vous êtes convié à partir de 18h30 au 19 rue E. Bouilliot, 1050 Bruxelles, à vous joindre à nous et devenir les premiers lecteurs des livres noirs. Vous pourrez, si vous le désirez, signer le livre d’or ou/et fêter cet événement en notre compagnie avant qu’un livreur ne vienne emporter les livres vers leur destination finale : les rayonnages des bibliothèques valaisannes.

Les Opérateurs O*, M** and A***

*livier, **iles, ***lexia

www.blackbookblack.net

mardi 18 novembre 2008

Catalogue

Des ateliers d'enfants, des livres, un catalogue et une exposition viennent clôturer les activités 2008 des éditions Lustre. En collaboration avec Olivier Spinewine.


Travail



Le livre de Fabrice Samyn est sorti de presse il y a un peu plus de deux semaines. Il fut une rencontre et une exploration de deux territoires: celui de son travail et celui du livre.
Nous avons opté pour un format littéraire tout en privilégiant la belle page pour les reproductions. La page de gauche devient ainsi le lieu de la légende, des références, de la glose.








Recherches de couvertures
L'exposition de Fabrice Samyn a lieu jusqu’au 6 décembre 2008, à la galerie MSSNDCLRCQ.
Son livre est également en vente à la librairie Peinture fraîche, 10 Rue du Tabellion à 1050 Bruxelles.

mardi 11 novembre 2008

L'écri-lecture à l'époque de Walter Benjamin

En 1936, Walter Benjamin préfigure déjà la métamorphose des rôles de l'auteur et du lecteur qui culminent aujourd'hui à l'ère du numérique par la diffusion de plus en plus ouverte des contenus et la possibilité offerte à quiconque d'être un lecteur-auteur:

"Avec l'extension de la presse, qui n'a cessé de mettre à la disposition du public de nouveaux organes, politique, religieux, scientifiques, professionnels, locaux, on vit un nombre croissant de lecteurs passer — d'abord de façon occasionnelle — du côté des écrivains. La chose commença lorsque les journaux ouvrirent leurs colonnes à un "Courrier des lecteurs", et il n'existe guère aujourd'hui d'Européens qui, tant qu'il garde sa place dans le processus du travail, ne soit assuré en principe de pouvoir trouver, quand il le veut, une tribune pour raconter son expérience professionnelle, pour exposer ses doléances, pour publier un reportage ou un autre texte du même genre. Entre l'auteur et le public, la différence est en voie par conséquent de devenir de moins en moins fondamentale. Elle n'est plus que fonctionnelle et peut varier d'un cas à l'autre. A tout moment, le lecteur est prêt à devenir écrivain"
WALTER BENJAMIN
L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité

La modèle du Blog s'apparenterait-il ainsi à un super-courrier des lecteurs, où les commentaires constitueraient des courriers de lecteurs à l'intérieur de courriers de lecteur? A ceci près que le travail et son processus, ne sont plus la condition même pour accéder à une tribune. Il ne faut plus être un "professionnel" pour diffuser son expérience. L'initiative personnelle, même celle du profane, est le moteur suffisant pour publier du contenu et elle ne doit plus passer par un organe transitoire comme l'éditeur ou la structure professionnelle.
C'est peut-être dans cette attitude du "être prêt" à devenir écrivain, du qui-vive (attentif à ce qui se passe), que l'on distingue les lecteur-auteurs des auteurs: être sur le starting block de l'écriture.

jeudi 6 novembre 2008

Le robot copiste




Le projet Bios (Bible) de Robotlab ou la réconciliation du hic et du nunc de l'œuvre et de sa reproductibilité technique...

mercredi 29 octobre 2008

En revenant de chez le brocheur...

Ce matin, de retour de chez le brocheur: le papier de la couverture ne sèchera pas, il est difficile à couper, le tracé (pré-tracé) par un sous-traitant ne correspond pas à la largeur du dos, la coupe est imprécise, les livres doivent être livrés dans l'après-midi, la chaine de fabrication ne peut s'interrompre...

Récemment, je relisais encore un article d'Anne Moeglin-Lacroix qui insistait sur le fait que les livres d'artistes initiés dans les années 60 avaient été créées dans le soucis de maitriser entièrement la chaine de fabrication du livre, de sa conception à sa réalisation. D'où cette préférence de l'artiste à se tourner vers des techniques de réalisation accessibles et contrôlables — comme la photocopie et l'offset—, ainsi que l'adoption de reliures simples nécessitant le moins d'intervenants possible. On imagine qu'à cette époque Ed Rusha rencontrait son imprimeur, buvait avec lui une tasse de café tout en échangeant quelques banalités, voyait des exemples de réalisations, actionnait la machine, interrompait la production à l'envie, mettait les mains dans le cambouis...
Aujourd'hui, plus question en tant que concepteur d'intervenir dans les choix, le soin apporté, les accidents de parcours: le processus de fabrication, celui que nous connaissons, n'est plus un outil que l'on peut tenter de manier. Le livre s'inscrit essentiellement dans une chaine de production où amour du livre, savoir-faire et conseil tendent à disparaitre au profit d'un modèle économique qui dicte sa loi: produire, quoi que ce soit, pourvu que cela soit rentable. Le livre se voit ainsi réduit à la stricte définition de produit comme la bouteille de coca-cola ou la paire de baskets, ramené au rang des objets de consommation.

Ce n'est pourtant pas comme ça qu'une partie des éditeurs, des auteurs et des graphistes, entendent construire le livre. Et pour cela, cela ils devront trouver des alternatives, des nouveaux outils, comme les artistes des années 60 qui tentèrent d'échapper à l'industrialisation des savoirs. La dimension cachée du livre se trouve dans le soin, la bienveillance, la patience qu'on lui accorde lors de sa création. Sa valeur se retrouve également dans le choix du papier qu'on lui aura assigné, les presses bien encrées qui l'auront imprimé, le séchage bien ventilé, la couture et la coupe précises, la reliure solide, l'ouverture généreuse. Son poids, son odeur, sa facture, seront encore autant de signes d'authenticité - authenticité uniquement accordée au manuscrit encore bien longtemps après son heure de reproductibilité technique - tant que le livre nouveau n'aura pas redéfinit ses formes et ses qualités d'existence. Sa saveur sera à l'égal des nouvelles pratiques, des nouveaux métiers et des nouveaux savoir-faire, mais également des nouveaux engagements, des nouvelles conditions de partage des savoirs et des nouvelles temporalités de conception et de production.